
Remember remember the 6th of June 2010…
Il y a pile un an, l’OMS déclarait l’épidémie de grippe A H1N1 comme pandémie de niveau 6. De quoi inquiéter les quelques milliards d’êtres humains peuplant de manière éphémère cette bonne vieille planète bleue. Un an plus tard, l’affaire a été oubliée, ou bien on en rigole encore. Mais il y a un an, c’était surtout tremblante des genoux et paranoïa. Ne niez pas, je vous ai vu faire les gros yeux quand quelqu’un éternuait dans votre rame de métro, attendant fébrilement la prochaine station pour pouvoir changer de rame !
11 juin 2011, quel héritage conservons-nous de cette affaire ? Qu’a-t-on retenu de cette leçon de vie ? C’est ce que je vous propose de découvrir :
- www.eco-pandemie.fr : site web immersif au sein duquel l’utilisateur visite un lieu virtuel, véritable boîte de Pandore riche d’informations, mais à quel prix ?

- Éco-pandémie – « Épisode 1 : Un virus nouveau ?« : Webdocumentaire en 3 épisodes qui vous permet d’obtenir rapidement et graphiquement d’intéressantes informations sur l’affaire H1N1.
Une analyse des rouages socio-médiatiques à travers le modèle empirique du h1n1. La technique prévaut-elle sur l’humanité ?
Ce projet recueille et met en forme plusieurs mois de recherches, d’écoute, d’observation et d’analyse autour d’un événement sociétal qui m’a semblé important à l’époque:
la pandémie de grippe A (H1N1).
C’était sans savoir l’impact que cela aurait sur moi, et la conscience de moi-même.
La grippe porcine (comme dénommée à ses débuts) est apparue fin mars 2009 au Mexique. Quelques jours/semaines plus tard, l’épidémie se propageait sur la majorité des continents, évoluant ainsi en pandémie. Notre société étant ce qu’elle est, à savoir une société technologique dans laquelle l’information possède une place prépondérante, les médias mondiaux se sont très vite emparés du sujet. La grippe A (H1N1) représentait une menace dangereuse pour l’humanité, et donc un sujet de choix pour les médias.
La réaction des gouvernements, de l’OMS et des autorités sanitaires a été aussi rapide et efficace que possible dans la volonté de faire les bons choix pour tous. Est-ce vraiment le cas ? Rétrospectivement, on peut d’ores et déjà affirmer que non. Néanmoins, les événements survenus ces derniers mois sont forts d’enseignement, que ce soit au niveau de l’appareil technique sanitaire, des médias, ou au niveau plus personnel de chaque individu. En analysant avec intelligence (du latin inter-ligere : lier entre) les faits et les événements, on peut établir un modèle de fonctionnement de notre société postmoderne.
Quel est le lien entre la gestion d’une crise sanitaire sans précédent, et le graphisme ?
« Le design graphique peut être défini comme le traitement formel des informations et des savoirs. Le designer graphique est alors un médiateur qui agit sur les conditions de réception et d’appropriation des informations et des savoirs qu’il met en forme. »
- Annick Lantenois
Le design graphique est le noyau du fruit d’une réflexion, d’une pensée. Sans véritable raisonnement préalable, comment peut-on espérer parvenir à formuler quelque chose dans le but de le communiquer en le partageant avec l’Autre, graphiquement ou non ?
J’ai étudié le design graphique conjointement aux sciences humaines durant mes deux dernières années d’études. Ce (r)éveil à la philosophie ( en particulier psychanalytique ) m’a fait prendre conscience de nombreuses choses, et m’a permis de m’accrocher à un métier, une passion vers laquelle j’aspire depuis des années.
Autant de raisons qui m’animent dès lors chaque jour à imaginer et créer afin de partager mes goûts, mes pensées, mes rêves. C’est dans cet élan relationnel qu’est née mon attirance pour l’univers de la communication graphique. Ce champ des possibles qui métamorphose le métier de designer graphique en un voyage initiatique constant. Une richesse qui se traduit par l’expression de ses sentiments, de ses affects, toujours soucieuse du lien à l’Autre.
Ce qui peut apparaître au premier abord comme une simple analyse sociologique cache en réalité une implication subjective plus profonde. Ma confrontation ( directe et indirecte ) avec cette « pandémie » m’a permis de pénétrer dans la compréhension de qui j’étais vraiment. Individu égaré dans cette société postmoderne, cette grippe A H1N1, symbole de la contagion postmoderne mettant en évidence le refus de l’Autre m’aura conduit à suivre un comportement ordalique.
À l’image d’Angélo confronté au choléra dans Le Hussard sur le toit écrit en 1951 par Jean Giono, mon approche du virus de la grippe A H1N1 a été révélateur pour moi. Dans ce roman, le choléra permet de mettre en évidence l’égoïsme, la haine, la peur, la passivité des individus. Ces derniers sont irrémédiablement contaminés. En revanche, Angélo se refuse de céder à la peur, ou aux comportements immoraux et survit à la contagion malgré ses contacts rapprochés et répétés avec des malades. Jean Giono expliquait qu’il a voulu le choléra comme un réacteur chimique qui met à nu les tempéraments les plus vils ou les plus nobles.
L’analogie avec la peur engendrée par le virus de la grippe A est flagrante, conséquence de la place prépondérante du système médiatique qui ne donne pas une image réelle mais participe à la construction de la perception des masses.
J’ose croire que mon projet, son site internet, et son webdocumentaire sauront éclairer votre faible chandelle à notre époque bien obscure. Ma volonté est d’expliquer de manière simple ma vision de cette affaire, grâce à des schémas et à des représentations de données numériques. Bonne lecture, bonne visite, bon visionnage.
Merci pour votre attention.
Antoine Maggi aka Rougenoirblanc
Tags: éco-pandemie, Grippe A, H1N1, médias, motion design, webdocumentaire