Photo magasin ©A'RHÛM Fév16

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A’Rhûm

Cette année, le père Noël a été très généreux car il m’a offert une session de dégustation de 6 rhums vieux. Amateur de rhum que je suis, c’est un cadeau de choix pour lequel je le remercie chaleureusement.

Ces ateliers dégustations se déroulent dans une cave spécialisée nommée « A’RHÛM« , située à deux pas de Beaubourg. C’est au sein d’un groupe de 10 personnes que le créateur de A’RHÛM nous a fait voyager durant 2h et quelques dans l’univers du rhum. Le cadre est idéal puisque nous étions entourés par plus de 700 références différentes originaires du globe entier !

Rhum_boutique

L’atelier débute avec une visite de la cave dont les bouteilles sont précieusement rangées en fonction de leur origine. Cette organisation permet de mieux comprendre les régions du globe dans lesquelles la canne à sucre est cultivée et traitée afin d’obtenir ce breuvage si cher aux pirates ! J’ai pu ainsi découvrir que bien que le rhum ait pour origine les Caraïbes et qu’il est très présent dans les départements français d’outre-mer, à Cuba, La Barbade et dans pratiquement tout l’Amérique du sud, il existe des marques très singulières présentes dans d’autres pays comme le Japon ou même l’Autriche. D’ailleurs, ce dernier produit un rhum qui monte jusqu’à 80° : le STROH 80 ! Bien entendu, la cave possède quelques bouteilles d’exception comme des rhums Clément vieux de plusieurs dizaines d’années, et même la pièce maitresse de la collection : un Havana Club Maximo Extra Anejo conservé dans une bouteille en verre Baccarat vendu pour 1900€. Parfait pour préparer un Cuba Libre, n’est-ce pas ? 😉

rhums_luxe

Connaitre l’origine des différents rhums nous a permis par la suite de comprendre les 4 moyens de créer du rhum. En effet, il est tout à fait possible d’utiliser directement le jus de canne à sucre ou bien de le chauffer pour obtenir de la mélasse. Certains rhums sont quant à eux obtenus à partir de miel de canne à sucre, comme c’est le cas au Guatemala. Enfin, grosse surprise, il s’avère que la cachaça (originaire du Brésil) est considérée comme du rhum puisqu’elle est également produite à partir de jus de canne à sucre. Surprenant !

Si retenir les 4 ingrédients de base possibles pour produire du rhum ainsi que les pays associés est relativement facile, c’est tout de suite devenu un peu plus flou dès que nous sommes rentrés dans les détails des sous-familles, notamment la distinction rhum industriel, rhum agricole, rhum traditionnel mais aussi les dénomination rhum brun, rhum ambré, rhum paille etc.. Plutôt que de m’empêtrer avec mes souvenirs, je vous laisse le soin de découvrir tout ceci par vous-même au cours d’un atelier dégustation.

rhum_tableau

Il s’agit d’une excellente expérience car l’ambiance était vraiment excellente et notre hôte aussi intéressant que jovial. Toujours aux petits soins, il mettait un point d’honneur à ce que toute la théorie soit comprise par tous et jouait avec nous en nous posant diverses questions pour vérifier que nous étions bien attentifs. Il nous a ensuite soumis au jeu de l’épreuve olfactive avec une dizaine de flacons contenant diverses senteurs. Si certains étaient évidentes comme la vanille ou le caramel, d’autres s’enrobaient d’un peu plus de mystère comme les fruits de la passion. Un test divertissant qui m’a mis face à l’impossibilité d’associer le nom de la senteur avec son odeur. C’était parfois très frustrant.

Par la suite, le temps était venu de commencer la vraie dégustation. Si nous passions rapidement sur l’aspect visuel des différents rhums, c’était pour mieux nous concentrer sur leurs aromes olfactifs. Tout d’abord en « premier nez » avec un rhum au repos puis dans un second temps en « deuxième nez » en le faisant tourner dans le verre afin de découvrir quels arômes disparaissent au profit de l’apparition ou du renfort d’autres. C’est étonnant comment un rhum sentant fort l’alcool au premier nez peut se réveler moins agressif et plus fruité en deuxième nez.

Rhum_chocolat

Enfin, après ce rapide examen olfactif, chaque rhum était goûté et degusté. Le but était de décrire les différentes sensations et goûts depuis la mise en bouche jusqu’à l’arrière-goût en passant par le mi-palais. Certains rhums se sont révélés plus salés ou plus sucrés tandis que d’autres étaient un peu plus alcoolisés ou fruités. Notre hôte a pu constituer avec expérience une liste de 6 rhums dont les dégustations successives ne se génaient pas. Mais elle lui a également permis de nous proposer divers mets faits maison pour les associer aux différents rhums. Plutôt raisin ou plutôt jambon de pays ? Des tomates confites ? Et pourquoi pas des moelleux au chocolat ? Une expérience gustative très appréciée par tout le monde !

Rhum_degustationDe surcroît, nous avons pu découvrir un des rhum en dégustation simple puis en ti punch. C’était d’ailleurs l’occasion de découvrir qu’aux Antilles, le ti punch est servi non préparé, c’est à dire avec chaque ingrédient à part car c’est à chacun de doser sa quantité de citron vert et de sucre selon son palais. Un parti pris qui respecte tous les goûts. Mais c’est aussi le risque de mettre trop de rhum et de compléter avec du citron, puis du sucre, puis du citron, puis du rhum, puis du sucre… Et on finit avec un gros punch à la place du ti punch, haha 😀

rhum_opthimus

Enfin, le top du top, en guise de dessert, nous avons eu droit à un petit verre d’Opthimus, un rhum très « bonbon » car moelleux et fruité. Un régal ! Il va sans dire que l’ambiance était de plus en plus détendue au fur et à mesure de la dégustation. Cet atelier est une expérience que je recommande vivement même si vous êtes plutôt whisky que rhum tant ce dernier peut s’en rapprocher puisqu’il est parfois vielli dans de vieux fûts de whisky ou de bourbon, voire de cognac. Bien entendu, comme le conseille systématiquement notre hôte, il est impératif de bien manger avant de se rendre à l’atelier. Lors de cette session, l’un de nos convives n’avait pas eu le temps de grignoter si bien qu’il était vraiment trop joyeux à la fin 😉 Il a néanmoins pu profiter de la sagesse et des bons conseils du gérant concernant l’acquisition de deux ou trois bouteilles pour réitérer l’expérience chez lui. Je suis d’ailleurs moi-même reparti avec une bouteille de Cockspur dont l’étiquette arbore un bien fier poulet ! Il frime dans mon bar depuis ce soir là en attendant l’occasion de le goûter en cocktail avec des amis.

Cockspur_s

Sachant qu’il faut parfois réserver bien à l’avance, n’hésitez pas à jeter un œil aux différentes dates disponibles sur le site http://www.arhum.fr/. Pour ma part, qui sait, peut-être que je me laisserai prochainement tenter par un nouvel atelier dégustation, comme le 3 rhums blancs + 3 rhums vieux ?

Salut les pirates !