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Remember Me

Remember Me, anciennement connu sous le nom de « Adrift », est le premier né du jeune studio DONTNOD, fondé par cinq français. Ces derniers ont la ferme volonté de concevoir des jeux de standing aux concepts poussés et originaux. Leur coup d’essai est-il réussi ? Remember Me fait-il partie des jeux d’action/aventure que l’on n’oubliera pas ?

adrift

Projet lancé en 2008 sous le nom d’Adrift, le concept du jeu a évolué peu à peu pour finalement abandonner l’idée du réchauffement climatique en faveur d’un thème certainement plus au goût d’Alain Damasio (directeur narratif) : le contrôle de la mémoire humaine.

 

Neo-Paris / 2084

La société M3morize a développé une technologie capable d’interagir avec la mémoire humaine, le SENSEN. Les souvenirs personnels pouvant désormais être numérisés, chacun peut décider de les revendre, les échanger ou les effacer. Plutôt pratique que d’oublier un souvenir désagréable ou malheureux. Mais le confort apporté par cette technologie cache de terribles conséquences. Nilin est une chasseuse de souvenirs, peut-être même la meilleure. Cependant, cela lui apporte plus de problèmes que de reconnaissance. Enfermée dans la Bastille, ses souvenirs lui sont dérobés, ne laissant en elle que des bribes de son identité. Elle est alors contactée par Edge, le leader des Errorists, un groupuscule dont le but est de… on ne sait pas trop en fait. Quoi qu’il en soit, ce mystérieux bienfaiteur aide Nilin à s’évader afin qu’elle parte en quête de sa mémoire cachée quelque part dans le Neo-Paris de 2084.

Paris

Léger comme une plume ?

zonedudehorsAlain Damasio, romancier français reconnu pour ses œuvres de science-fiction (La Horde du Contrevent, La Zone du Dehors) a collaboré avec Stéphane Beauverger (ainsi qu’une petite équipe par la suite) pour imaginer et concevoir l’univers de Remember Me. Des mois de réflexion ont donné naissance à ce que l’équipe de DONTNOD appelle une bible narrative. En aval d’un concept philosophique comme il aime les développer dans ses romans, Alain Damasio a mis sur papier tous les éléments nécessaires à la fondation et à la crédibilité de l’univers du jeu. Tous ces éléments l’ont par la suite dirigé vers l’élaboration du récit et le charadesign des personnages. Cela apporte au background de Remember Me une richesse dense et rarement égalée dans le milieu. Cependant, ce premier jeu ne fait qu’effleurer l’ensemble de cette bible, si bien que je ne doute pas de voir l’univers de l’œuvre de DONTNOD être décliné en épisodes et contenu transmédia.

 

1984 + 100

L1984 par Naistolenna date des événements du jeu n’est pas anodine et exempt de référence. L’idée d’une entité contrôlant les non-acteurs d’une société n’est pas nouvelle, George Orwell nous l’a démontré en 1949 grâce à son roman 1984. M3morize détient dans ses serveurs les souvenirs d’une population qui a accepté le caractère intrusif de la technologie intitulée SENSEN en échange du confort que cette dernière lui apporte. La vie privée et intime est définitivement morte et enterrée. On remerciera bien sûr le début du 21e siècle et ses réseaux sociaux qui ont amorcé un processus malheureusement inarrêtable.
Le futur imaginé par Damasio n’est pas glorieux. Sa vision de l’évolution des technologies numériques mène irrémédiablement au contrôle du peuple et donc forcément à la naissance dans l’ombre d’une opposition révolutionnaire (je vous conseille à ce propos la lecture de La Zone du Dehors. Le personnage de CAPT devrait vous plaire 😉 )

 

Nilinéaire

Trêve de blabla à propos du background du jeu pour l’instant, j’y reviendrai par la suite. Alors qu’il s’appelait encore Adrift, Remember Me était soutenu par Sony. Mais pour des raisons inconnues en dehors du studio, DONTNOD s’est fait abandonner par eux pour finalement trouver refuge chez l’éditeur Capcom. Coïncidence si le jeu est à classer parmi les titres d’action/aventure ?

Le joueur mène dans Neo-Paris une Nilin déterminée à retrouver sa mémoire coûte que coûte, même si pour cela elle doit grimper un peu partout et distribuer des patates à droite à gauche. Enfin, surtout en face d’elle puisque je suis au regret de vous annoncer qu’il s’agit d’un jeu de couloir très linéaire. Alors que l’univers riche et dense laisse imaginer un monde ouvert crédible et plein de vie, le joueur se retrouve enfermé, obligé de suivre un level-design très limité. Cela passe inaperçu au début du jeu lorsque Nilin (re)découvre en même temps que nous un Neo-Paris magnifique, subtil mélange d’architecture Haussmannienne et de technologie sublimant la réalité augmentée. On regarde un peu partout, on s’attarde sur les splendides panoramas développés par les équipes de DONTNOD. Actuellement, c’est un peu la mode de parler de la verticalité du game-design. Si les intentions sont présentes dans Remember Me, la gestion de la caméra ne les met pas en valeur et reste très terre à terre. Son contrôle est assez pénible, si bien que le joueur (et donc Nilin) ne lève pas souvent les yeux et se contente d’avancer dans le couloir qui lui fait face.

Neo_Paris

Impossible de se perdre dans ce jeu. Le module SENSEN, paroxysme de l’assistanat, nous montre LE passage à emprunter à l’aide de marqueurs visuels en réalité augmentée en indiquant même la distance à parcourir pour l’atteindre. Et pour peu que le joueur aventurier découvre une bifurcation, cette dernière est minime et mène toujours et pas très loin, à une petite récompense (en général, un module pour booster son perso ou découvrir un peu le background du jeu comme avec les Voxophones dans les Bioshock). Rassurez-vous, le level-design n’est pas constitué que de couloirs. De temps en temps Nilin atteint des zones plus vastes qui deviennent vite synonymes de combat. Car rappelons-le, Remember Me revendique un côté action.

PATA-PATA-PATAPON !

Lors des différents salons, DONTNOD mettait en avant l’aspect personnalisable et intelligent du système de combat. Tout se configure grâce au « Combo Lab ». Cet outil vous permet de personnaliser différentes séquences de vos combos. En effet, le système de combat de Remember Me s’inspire de celui découvert dans Batman Arkham Asylum et repose sur le rythme d’impulsion des boutons X et Y (ou carré et triangle). Il suffit d’appuyer au bon moment pour que Nilin se batte efficacement dans de belles chorégraphies. Néanmoins, plutôt fragile, elle devra esquiver les attaques ennemies. Par chance, le SENSEN prévient d’une attaque imminente grâce à un énorme point d’exclamation rouge au-dessus de l’agresseur. Juste le temps d’appuyer sur A/Croix pour virevolter. Avec un peu d’entraînement et de sens du rythme, il est même possible de continuer son combo là où on l’avait laissé avant d’esquiver.

combo-lab

Pour construire un combo (3/5/6/8 hits), il faut attribuer à chaque coup l’un des quatre effets de Pressens:

  • Puissance
  • Soin
  • Anti-Cooldown
  • Link

Au joueur de configurer ses combos en fonction de la situation et des types d’ennemis à affronter. Certains sont assez badass et ne verront leur garde se briser que sous des coups de puissance. D’autres vous feront des dégâts à chaque coup qu’ils recevront, vous obligeant à les cogner à l’aide de pressens de régénération. Les possibilités deviennent plus nombreuses au fur et à mesure du jeu alors que Nilin retrouve sa mémoire et que le joueur gagne de l’XP après chaque ennemi vaincu.

Si la théorie du Combo Lab semble intéressante et intelligente, son utilisation est rapidement limitée. Une fois débloqués les combos les plus longs, il est logique de configurer un combo pour du soin, un autre pour faire des dégâts et un dernier pour réduire le cooldown des S-Pressens, des super-attaques bien utiles. Nilin en développe jusqu’à 5 au cours de son aventure, ce qui ne sera pas de trop face à certains ennemis, surtout en mode Difficile.

La furie vous permet de frapper fort un peu comme un berserk. La bombe Logique se place sur un ennemi puis explose avec une zone d’effet. Le Rust-in-piece permet de « hacker » les ennemis robotiques. L’attaque SEN-Dos stun tout ce qui vous entoure. Le camo vous rend invisible pendant trente secondes, le temps de vous faufiler derrière un ennemi afin de lui infliger un overload, une attaque spéciale qui one-shot la victime, alors que normalement, il faut infliger plusieurs coups de puissance avant de pouvoir l’exécuter.

overload

Les attaques S-Pressens sont heureusement bridées et exigent de remplir au préalable sa jauge de focus en tapant les ennemis ou en se prenant des coups. Une fois une super attaque lancée, un cooldown vous empêchera de la réutiliser pendant 2/3 minutes, à moins de l’accélérer grâce aux pressens anti-cooldown.

En parallèle du corps-à-corps, Nilin acquiert au cours de son aventure un outil nommé le « spammer » qui permet de tirer des données virtuelles afin de blesser des ennemis et/ou interagir avec le décor les boutons pour ouvrir les portes. Il sera cependant surtout utilisé contre les unités robots, c’est-à-dire pas souvent.

Leapers_Fred_AugisCar malheureusement, Remember Me propose un bestiaire très réduit. On ne croise que trois familles d’ennemis : les humains de la force Sabre, les Leapers, et les robots.

Les humains sont déclinés en deux/trois types. Le soldat de base // celui avec un bouclier plus matraque électrique qui paralyse les S-pressens // celui en armure électrique qui blesse Nilin à chaque coup qu’elle inflige.

Les leapers ne sont pas plus variés. Personnages humains addicts aux souvenirs, ils sont devenus fous et n’hésitent pas à agresser les gens pour leurs voler leur mémoire. Ils ne présentent pas une grosse menace en soi puisqu’assez chétifs pour la plupart. Néanmoins, un groupe important peut s’avérer pénible à affronter. Surtout s’ils sont accompagnés de leapers plus mastocs qui peuvent bloquer les coups et charger. Certains pourront même devenir invisibles voire se téléporter. GROS WTF.

Enfin, les robots, deux types communs : les Nephilims et les Seraphims, chacun avec leurs techniques de combat particulières, ainsi qu’un troisième type de robot faisant office de semi-boss.

 

Oubli de bonnes idées

Finalement, le gameplay de Remember Me, que ce soit les balades en couloir, l’escalade d’échelle ou les combats en arène, ne vend pas vraiment du rêve. Je m’attendais à beaucoup mieux pour un jeu sorti en 2013 et au concept si fort. Quelle idée pour DONTNOD d’avoir développé son premier titre comme un jeu d’action. Il aurait été tellement plus logique de tourner le jeu vers la case « infiltration » en donnant par exemple la possibilité à Nilin d’interagir « à volonté » avec la mémoire immédiate des PNJ.

« Oops, le garde m’a grillée ? Aucun problème, hop, il a oublié qu’il m’a vue ! » « Aïe, une garnison complète devant l’entrée… Et si le capitaine venait de se rappeler qu’il devait les passer en revue à la caserne ? Tadam ! La voie est libre, je m’incruste discretos. »

Les possibilités d’intégrer les compétences de « chasseuse de souvenirs » de Nilin dans son parcours ne manquent pas. Là où Deus Ex Human Revolution laissait le choix au joueur entre infiltration, hacking et force brute, Remember Me vous oblige à sautiller au rythme des combos pour neutraliser tous les ennemis d’une salle avant de passer à la suite. Et si jamais un ennemi bug et que vous ne pouvez l’éliminer, il faudra recharger le dernier checkpoint (Véridique).

Baston

 

Tout ça, c’est dans ta tête

DONTNOD a quand même réussi certains points de son jeu. Jean-Maxime Moris, le directeur créatif, sait que le plaisir procuré par un jeu repose énormément sur son rythme. C’est pourquoi la linéarité de la progression de Nilin est brisée par des phases de gameplay différentes et plus originales. Que ce soit lors d’une course-poursuite/évasion contre un aéronef de la police, lors du cache-cache contre la métaphore d’un Big Brother géant ou bien lors des peu nombreuses séquences d’énigmes (relativement simples), ce changement de rythme est le bienvenu et apporte une bouffée d’air frais. En particulier grâce aux phases de Remix Mémoriel, issues de l’ADN même du jeu et des compétences de l’héroïne.

À quatre ou cinq reprises, Nilin se glisse dans les souvenirs d’un personnage afin de les modifier à son avantage. Une chasseuse de prime vous poursuit pour toucher la récompense afin de payer les frais médicaux de son époux malade ? Faites lui croire que M3morize l’a tué par erreur. Elle se joindra alors spontanément à votre quête contre la firme. Pour cela, faites lui croire qu’elle se souvient que le médecin s’est trompé de médicament ce qui a provoqué la mort de son époux. Astucieux !

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Visuellement, les Remix Mémoriels sont vraiment impressionnants et bien d’une élégance rare. Le joueur avance/rembobine le souvenir comme une simple vidéo à l’aide de son joystick afin de s’arrêter sur des éléments intéressants et susceptibles de modifier le souvenir. Changer un médicament par un autre, faire apparaître un court-circuit dans une voiture etc… Là où le principe même de Remix Mémoriel devient génial réside dans les bugs mémoriels. Si vous modifiez un souvenir de sorte que la personne que vous lobotomisez y meurt, un bug mémoriel se produit et il faut revoir votre stratégie. Effectivement, qui peut se rappeler qu’il est mort ? 😉

On regrettera que ce principe n’ait pas été plus utilisé au cours du jeu car c’est vraiment le point fort de Remember Me, ce qui le rend vraiment unique. Bien entendu au cours de l’aventure, Nilin volera des souvenirs utiles à certains PNJ afin d’obtenir le mot de passe d’un système de sécurité par exemple. Mais le vol se fait de manière automatique une fois le combat fini. Un peu frustrant. Heureusement, certains souvenirs peuvent être utilisés grâce à un système de rémanescences. Un personnage connaît l’emplacement de mines antipersonnel ? Volez dans sa mémoire les souvenirs de lui en train traverser la zone dangereuse et suivez tranquillement sa projection virtuelle.

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Ce dont il faut se rappeler

Mais alors, que retenir de ce jeu si le gameplay est aussi désuet ? Je pense que nous le savons tous : sa direction artistique et ses graphismes.

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La bible narrative a permis à Aleksi Briclot et à ses équipes de mettre en image un univers incroyable. Pour des consoles en fin de vie et un moteur 3D un peu daté (Unreal Engine 3) l’aspect visuel est une merveille ! Le travail accompli par les équipes créatives de DONTNOD est incroyable. Le Neo-Paris de 2084 est extraordinaire ! Les quartiers symboliques de Paris sont là (Saint-Michel, Nation, Bastille, Les Halles, la Tour Eiffel…). La direction artistique de Remember Me sera certainement la seule chose dont les joueurs se rappelleront.

Du coup, grosse désillusion de découvrir que l’espace de jeu est vraiment limité en superficie, cerné par des murs invisibles de toute part. Oui, je parle à vous, là, humains débiles assis dans des escaliers pour regarder un jongleur… On aurait aimé pouvoir se balader à loisir dans les quartiers Haussmanniens envahis par la technologie. Certains détails sont vraiment bien pensés, comme les colonnes Morris dont les affiches papier ont été remplacées par des projections holographiques. Je vous invite vraiment à prendre le temps de regarder autour vous même si la gestion de la caméra est pénible. Remember Me est peut-être un jeu de couloir, mais ces derniers vous font visiter plusieurs aspects de la ville de Neo-Paris et parfois même traverser des appartements et d’autres lieux privés/publics.

rue_neoparis

En ce qui concerne l’UX Design, que ce soit du jeu ou du background, il est de toute beauté. Les interfaces visuelles du futur sont sobres, claires et lumineuses. En tant que graphiste, je n’ai qu’un seul regret : que tout soit écrit en Helvetica bold. Tout. TOUT ! Que ce soit les informations de l’étal d’un poissonnier ou de la boutique de fringues de luxe pas loin, tout est en Helvetica. Est-ce que M3morize a racheté les droits de cette typo pour l’imposer partout comme ça ? DONTNOD, pls.

#HarcèlementDeRue

NilinOn a vu plus haut que certains éditeurs ne voyaient pas d’un bon œil le fait que le personnage principal de Remember Me soit une femme, caractéristique qui selon eux, porte préjudice au succès commercial du jeu. De plus, alors que certains félicitent DONTNOD d’avoir eu les balls d’aller au bout de leur idée en proposant un héros féminin et métis (ce dernier aspect n’est d’ailleurs jamais abordé dans le jeu), je me demande s’ils ont prêté l’oreille aux paroles des PNJ croisés dans Neo-Paris. À plusieurs reprises, Nilin est rabaissée à se faire mater/décrire de manière désobligeante et peu respectueuse. Elle se fait même traiter de pute (sisi). J’espère que les PNJ figurants responsables ont été virés !

 

Trous de mémoire dans le scénario

Pour ma part, je demande à quel moment une seule entreprise peut faire main-basse sur une ville entière ? Comment M3morize a-t-il pu devenir l’acteur majeur du développement de Neo-Paris ? Je suis étonné de constater que malgré la richesse de la bible narrative ayant servi à la conception du jeu, j’ai l’impression que pas mal de choses sont passées à la trappe. La présence d’une bible narrative n’est-elle pas l’assurance de la richesse et la densité de l’univers du jeu ? Comment ce dernier peut-il être aussi incomplet ?

robotseverywhereS’il est facile de comparer le monde de Remember Me avec celui de Deus Ex HR dont les enjeux scénaristiques mettent en avant le choix de l’acceptation ou non des augmentations, on est en droit de se demander où sont les humains réfractaires à l’adoption du SENSEN. Alors oui, ça a l’air cool de pouvoir choisir ses souvenirs et d’en disposer comme bon nous semble. Mais je ne doute pas qu’une partie de la population préférerait rester « pure ». D’ailleurs on le constate en voyant tous ces tags révolutionnaires un peu partout en ville. Remarquez, je dis ça, mais une fois passé le chapitre 3 ou 4, on ne croise plus beaucoup d’humains. Neo-Paris est d’un vide absolu en ce qui concerne les êtres vivants. Ceux-ci ont été remplacés par des robots. Partout des robots et des drones. Les humains ont peut-être oublié de se rendre au développement du jeu ?

robots

Quand à Nilin, elle a oublié ce qu’était la prudence et l’initiative personnelle. Elle est peut-être amnésique, mais est-ce une raison pour croire le premier venu ? Edge l’aide à se libérer de la Bastille, mais de là à le suivre aveuglément sans se poser de questions ? Ce sont nos expériences personnelles qui forgent notre caractère, notre identité. Cette perte de mémoire est un peu une sorte de nouveau départ pour elle. Par conséquent, où sont les possibilités de choix qu’induisent cet esprit candide ? Pour une fois que l’on pouvait créer un lien entre le caractère du personnage et celui des différents joueurs, lien justifiant les différences de choix possibles.

Au-delà de ça, le scénario introduit différents personnages secondaires dont on oublie rapidement l’existence, comme Olga ou … ou … Tommy La Migraine (oui, j’ai passé 5 minutes à rechercher son nom. Comme quoi…) Ils interviennent dans le récit, accomplissent leur action/aide, puis adieu à jamais, malgré un « On s’oublie pas, hein ! » assez ironique pour le coup.

 

DONTNOD, error-istes ?

Mais alors, Remember Me est-il un bon jeu ou pas ? Oui et non. DONTNOD a commis beaucoup d’erreurs et de choix erronés dans la mise en place de son premier titre. Toutes ces erreurs, ensemble, limitent énormément l’expérience du jeu. Un scénario limité, un level-design limité, un bestiaire limité… Le seul aspect qui mérite le détour est la direction artistique du jeu. La partie sonore n’est pas en reste avec des musiques qui accompagnent très bien l’univers du jeu et un doublage FR efficace. Certains décrivent ce jeu comme une nouvelle preuve de la « French Touch », tout dans l’artistique. Cependant, Christophe Balestra, co-président de Naughty Dog affirmait lors de sa masterclass : « Il n’y a pas de french touch. Ce n’est pas parce que vous avez étudié/travaillé en France qu’il faut se sentir fier de quelque chose. » Qui a raison ?

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Quelle que soit la réponse, on ne peut qu’apprécier la naissance d’un nouveau studio français à l’heure où ils ont tendance à fermer. Car malgré un manque d’ambition flagrant pour leur premier titre, DONTNOD fait montre d’un grand potentiel. En analysant Remember Me, on peut considérer que les talents narratifs et visuels/sonores sont là. Reste à gagner du skill en gameplay. Car il est étonnant que ce jeu attendu depuis plusieurs années offre une vision si futuriste et incroyable de Paris en proposant un Gameplay autant issu du passé.

J’ai inventé un nouveau système de notation. Je l’inaugure pour Remember Me :

 

Diagramme_test

 

Pour finir, petit coup de cœur perso pour le doublage FR de Nilin, Marie Zidi, qui a su lui donner une voix à la fois déterminée et autoritaire mais également plus enfantine et vulnérable par moment. On a presque envie de réconforter Nilin d’un câlin lorsqu’elle prend sa petite voix blessée. Je suis curieux de comparer avec le caractère de Tess dans The Last Of Us, doublée par la même comédienne. Je reviens vers vous dès que j’ai fini le petit dernier de chez Naughty Dog 😉